Le village au cours des siècles.

Les nombreuses découvertes préhistoriques, faites dans la région tournusienne nous permettent de préjuger que comme les villages environnants, Plottes fut habité dès la plus haute antiquité. Mais jusqu’à présent, aucun atelier préhistorique n’y a été signalé et nous n’avons pu recueillir que quelques silex épars sur les collines.

Plottes (Plotce) paraît avoir été établi primitivement aux Écrois, près de la fontaine des Ladres. On a recueilli dans cet endroit des silex taillés des époques préhistoriques et le musée de Tournus possède une aiguille en bronze, une petite tête de cheval de même métal et quelques débris de poteries de l'époque gallo-romaine qui y ont été trouvés. Le site des Ecroix porte de nombreux vestiges de constructions romaines, notamment les ruines d'un four et de trois ou quatre maisons, ainsi que des tuiles romaines plates et de la céramique paraissant avoir subi un incendie. 

À "La Fontenelle" et "La Prosle", une tuilerie fut découverte, avec un four de briquetier et un certain nombre d'outils.

En 1897, au lieu-dit "A la Chèvre", près des « Crets » à été découvert une nécropole devant renfermer au moins trois à quatre-cents tombeaux sur un espace de 200 mètres de longueur et de 40 mètres de largeur.

Dans l’un de ces tombeaux se trouvait le mobilier funéraire d’un guerrier : un scramasaxe, un couteau, une plaque de baudrier richement décorée. D’autres sépultures ont également été découvertes au lieu-dit « Aux Bourguignons » près de la fontaine des Ladres. Ces sépultures remontent à l’époque des invasions de l’empire romain par les barbares d’origine germanique.

Depuis la plus haute antiquité, Plottes appartenait à l’abbé de Tournus. Henri Ier confirme cette donation du village dans une charte en 1059 à l’abbé Guillaume et à tous ses successeurs.

En 1119, le pape Calixte II confirme à nouveau cette donation en accordant à l’abbé Francon une Bulle confirmative de tous les droits et privilèges de son abbaye sur le village.

En 1384, l’abbé de Tournus, de Corgenon, se fit adjurer par une transaction avec Jean, évêque de Mâcon, la juridiction sur une carrière entre le bois de Plottes et le village de Frages. Au XVIème siècle, vers 1562, la Bourgogne connut de terribles massacres. Tournus fut saccagé, son abbaye enrichie au cours des siècles, fut dévastée par Poncenat, un grand capitaine protestant. Les catholiques rendirent aux protestants la pareille, si bien que se fut le pays tout entier qui en supporta les conséquences. Les villages appartenant au monastères, ; Saint-Albain, Uchizy, Montbellet et Plottes ; éprouvèrent de la part des Huguenots tout ce que la fureur peut enfanter d’horrible. On y pilla, viola, brûla et y massacra.

Le village de Plottes fut brûlé quatre fois aux Ecroix au cours de ces luttes entre catholiques et protestants. Fatigués de reconstruire leur village si souvent, les habitants se décidèrent à l’établir sous les murs du château fort. Alors Poncenat, qui avait pris en 1562 le château de Montbelet, vint assiéger celui de Plottes en le bombardant de la montagne du Foy où l’artillerie avait pris position et brûla une cinquième fois le village.

C’est à ce moment qu’Henri IV, voulant réunir ses forces sous Paris, demandait à Poncenat de s’y rendre dans le plus bref délai possible. La tradition nous rapporte que le chef calviniste fit répondre au roi qu’il voulait d’abord prendre Plottes. Alors Henri IV de dire : «  Après Paris, Plottes ».

Le village resta sous la dépendance des abbés de Tournus jusqu'en 1789.

Extrait de la monographie historique de Plottes de Charles Dard et Jean Martin